The Photoplay by Hugo Münsterberg (1916)
Posted: 19 Mar 2009 15:32

Source : cinemanageriaOn a cru que l’indigence de ce cinéma en matière de théorie avait les mêmes causes que son existence : absence de traditions et pragmatisme, un rapport apparemment immédiat à la réalité et au matériau cinématographique. Pourtant, Hugo Münsterberg (1863-1916) publie The Photoplay en 1916, peu après que Naissance d’une nation (1915) confirme l’existence de l’art cinématographique. Le vulgaire croit, selon Münsterberg, que l’art imite la réalité, et le raffiné rejette le film à cause de cette imitation. Il n’en est rien, dit-il. Le film est une mixture de reproduction mécanique et de mécanismes psychiques. Mais ceux-ci sont l’essentiel : le mouvement et la profondeur n’ont pas d’existence sur l’écran, leurs perceptions sont des actes mentaux. S’il anticipe sur la théorie d’Arnheim, Münsterberg ne cherche pas à montrer comment l’angle, l’objectif, le cadre, la lumière, etc., transfigurent la reproduction. Celle-ci est d’emblée appréhendée comme le support d’activités mentales, et le film comme la mise en oeuvre, par le moyen du gros plan et de la succession des vues, de notre intériorité et des actes psychiques : attention, mémoire, imagination qui la commandent. Le film, d’après Münsterberg, raconte une histoire à travers la parfaite unité de l’intrigue et de l’apparence visuelle. Dépourvu de visées intellectuelles, réservées au théâtre, il doit atteindre son but - le «climax» émotionnel - sans s’écarter de la vraisemblance et de l’expérience de chacun. C’est bien ce qui, contrairement aux recherches européennes, fera toujours la particularité du cinéma américain.