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Posted: 12 Dec 2005 13:53
by Sly
Pour relancer le débat sur les clichés du court, je vous propose un petit jeu.

Essayons de faire une liste des clichés les plus éculés du court-métrage.

Par exemple, j'ai remarqué que de nombreux "mauvais" courts (surtout les "films-d'étudiants-fait-pour-les-étudiants") commencent de la même façon. On voit un personnage qui se réveille le matin, de préférence, en retard ou avec la gueule de bois. Puis il se lève, s'habille, prend son petit déjeuner. Tout nous est décrit dans les moindres détails. Par la suite, on le voit marcher, prendre le bus, le métro etc...

Ce type de séquence sont censées présenter le personnage central de l'histoire, mais en réalité, elles sont chiantes à mourir parcequ'il ne se passe rien d'interressant et que l'on a dèjà vu ça des centaines de fois !
Personnellement, je vis cette situation à peu près tout les matins. Donc ayez pitié, ô jeunes créateurs, creusez-vous la tête pour trouver autre chose !

(j'attends vos exemples chers internautes) :D

Posted: 12 Dec 2005 23:41
by Thorn
Ce que j'ai de plus en plus de mal, ce sont les violons et le vieux ralentit qui arrivent au moment de la scène "triste" !

- Non, Jim ! Je t'en supplie ! Tiens bon ! Je suis là !
- Excuse-moi... Tabata... Je... Je...
- Jim !
- Dis... Dis à Sarah que j l'... Que j l'...
- Jim !!!
- Argl !...

Posted: 13 Dec 2005 11:48
by LPM
Thorn wrote: - Excuse-moi... Tabata... Je... Je...
- Jim !
- Dis... Dis à Sarah que j l'... Que j l'...
- Jim !!!
- Argl !...
C'est un film porno avec tabata cash que tu nous décris là... :shock:

Le cliché du triangle amoureux également, qui doit être bien mené sinon on tombe dans le pathos, voir le grotesque...

Posted: 16 Jan 2006 23:25
by Moa
Pour continuer ce topique que je trouve intéressant (il est toujours bon de lister les écueils à éviter), voici une petite liste des trop vu de Moa (fait sur le vif ce lundi 16 janvier 2006 à 23h19 en mangeant une soupe et oui)
Désolé si je blesse des auteurs dont les films ont pour objets ses sujets.

- Les films tournés dans des bars ou des appartements
- les ruptures mélodramatiques à outrance
- les acteurs de théâtre, qui surjoue
- les ami du réal qui ne savent pas toujours joué
- les journaux intimes d'adolescent faisant l'apologie du suicide
- les films masturbation de cerveau qui n'ont pas de contenu
- les superproductions fait avec 5 euros
- les tests de caméra
- ect.

En même temps, je ne suis pas un créateur et je déteste ceux qui critique et qui n'on rien fait... Donc je me tais et fait profil bas :oops:

Posted: 17 Jan 2006 15:35
by Sly
Bon, vu que je suis "créateur", je peux continuer le débat, moi :D

Dans la liste des écueils à éviter, il y a le court à "thème schizofrénique". Depuis Fight Club et autre Lost Highway, on ne compte plus les courts qui se tournent autour du délire schizo ou de dédoublement de personnalité. Plein de réal traitent du sujet alors qu'il n'y connaissent rien ou utilisent le fait que le personnage est fou dans sa tête comme prétexte pour faire un film complétement incompréhensible (et donc chiant). Ras le bol !

Bon, je l'avoue, je suis moi aussi tombé dans le panneau avec l'un de mes films. C'est en faisaint des erreurs qu'on apprend !

Clichés

Posted: 17 Jan 2006 16:37
by Matt Wood
Bonjour,

J'ai été assez interpellé par votre message. En effet, le court métrage français a à mon avis de nombreux clichés. J'essaie moi même de devenir scénariste et cinéaste et je galère comme un fou à essayer de trouver des financements car mes scénars cherchent à aller trés loin de ces clichés voire les détourner pour créer quelque chose de différents. J'ai même un scénar toujours en attente de financement dans lequel mes personnages en ont marre de ces clichés et se rebellent contre le réal . Mais malheureusement, j'ai l'impression que si vous n'avez pas un certain nombre de clichés, impossible de trouver un financement. Quel est le compromis possible ?
En ce qui me concerne, je ne ressort pas des festivals de court avec un point dans la gueule mais au contraire avec un immense désespoir (comment as t on pu financer ça ?) et aussi un immense espoir : celui de me dire qu'il y a encore tout à inventer.

Matthieu

Posted: 18 Jan 2006 00:20
by Guido
Pour suivre Sly, ce que j'ai du mal à avaler, c'est le héros qui se réveille à la fin ! Tout cela n'était qu'un mauvais rêve, alors !!! :?

Mais sinon, pour renchérir sur ce que dit Matt Wood, je crois qu'effectivement, il faut avoir un certain nombre de clichés dans son scénar pour qu'il passe les commissions :(

C'est le problème dont nous débations ce soir même lors d'une table ronde au Festival de Vaulx-en-Velin autour de la problématique des festivals, et donc du court-métrage, et donc des réalisateurs, et donc des scénars. C'est vrai que le financement ne va qu'à une certaine catégorie de réalisateurs, qui ont du mal à prendre des risques, et qui, finalement, ne parlent qu'à leurs financeurs :shock:

Mais je crois qu'il faut persévérer, mon cher Matt Wood. Il faut continuer à écrire des choses diffférentes, il faut penser aux pauvres spectateurs assis dans ces fauteuils inconfortables ! Beaucoup sont en attente de ces "claques" que toi aussi tu recherches :twisted:
Et à la place, on leur donne du gentil ron-ron psychologico frustré :evil:

Je crois qu'il va falloir encore pousser pendant quelques temps dans ce sens avant de voir les choses changer.
Mais c'est à tous de se mobiliser : les spectateurs, les programmateurs des festivals, les réalisateurs, les scénaristes et... les producteurs !!!

Tous doivent s'interroger sur le sens qu'ils donnent à leurs actions !

Si on veut voir les choses bouger, il faut commencer par nous même ! Si on veut voir du bon cinéma, commençons par en faire, et même en DV si il le faut, et remportons plus de succès que les films "produits" dont on commence à faire une overdose !!! :evil:

New wave

Posted: 18 Jan 2006 10:42
by Matt Wood
En effet, je pense qu'il faut qu'on se mobilise tous pour que ça change. Je sais c'est utopique. Bon c'est ce que j'essaie de faire déjà depuis plusieurs années et impossible d'en vivre donc ce qui veut dire tournage/montage Week end et nuit en DV et sans aucune reconnaissance puisque rejeté des festivals car pas bon format etc... Et ça devient assez usant à la longue. Je cherche collaborateurs, amis, passionnés donc hésitez pas à me contactez si vous avez des projets de film ou si vous souhaitez participer à mes aventures.
Pour en revenir à nos histoires de clichés et comme c'était spécifié un peu plus haut les films qui vont à l'encontre de clichés et les détournent crééent eux même des clichés (la mise en abime est l'un des plus récurrent et énervant). Je pense qu'il y a encore tout à inventer au cinéma. Il faut le faire évoluer, en 100 ans, il n'a pas vraiment bouger dans sa disposition. Les spectateurs n'attendent que ça alors il faut vraiment trouver un moyen de faire les films qu'on a envie de voir pas uniquement en tant que cinéastes mais surtout en tant que spectateurs. Et la plupart des cinéastes ne se demandent même pas si ça peut stimuler le specteur. Et si ils ne sont pas bons, on recommencera jusqu'à ce qu'on arrive à faire un truc bien. Je ne parle pas forcément d'un truc trash puisque il n'y aurait que cette manière d'etre différent dans le cinéma.
La nouvelle vague n'est plus si nouvelle que ça, non ? pourtant c'est toujours Godard, Truffaut dont on entend encore parler.

Matthieu

Posted: 18 Jan 2006 13:09
by LPM
Sly wrote:
Dans la liste des écueils à éviter, il y a le court à "thème schizofrénique".
Tout à coup je me sens un peu visé... 8)

Ca n'a pas grand chose à voir, l'autre jour j'ai vu le james bond "demain ne meurt jamais".... Ce serait pas un james bond, tout le monde crierait au navet qui accumule tous les clichés du film d'espionnage ( le mec se tire 3 gonzesses dans le film, les cascades sont toutes invraisemblables, le mec fait des vannes à deux balles après chaque tuerie, les maquettes sont grossières... D'où une évidence: quand t'as du pognon, que tu revendiques les classiques, ton film trouvera tjs un producteur (et un spectateur) parce que tu te mouilles pas trop... La différence fait peur... Et c'est une évidence qu'il y a des choses nouvelles de faites, mais les prods et diffuseurs ne se mettent pas au gout du jour, car ils n'évoluent pas avec l'ère du numérique... Un festival qui existe depuis trente ans a bien souvent tjs les créateurs dans le comité de sélection... si tu veux vois des choses un peu nouvelles, tu auras plus de chance dans les jeunes festivals qui n'ont pas 5 ans d'existence... Question de génération également.

Posted: 29 Mar 2006 13:37
by Moa
Pour nous tous, pour finir avec ce mal français. Il ne faut creer selon les goût du public, mais tout de même pour un public.

"S'il est vrai que l'art commercial risque toujours de finir prostitituée, il n'est pas moins vrai que l'art non-commercial risque toujours de finir vieille fille"


Erwin Panofsky