Réflexions sur le cinéma français....

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Guido
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Messagepar Guido » 08 Nov 2010 10:46

Et bien ! Ce manque de contribution à ce sujet est bien le reflet de la période surchargée que je viens de passer...

Il n'empêche, je voudrais partager avec vous une réflexion sur le cinéma, et pas que français.

Il s'agit d'un article sur Jacques Audiard ("Sur mes lèvres", "De battre mon coeur s'est arrêté", "Un prophète"), et trouvé sur Mediapart...

Avec Jacques Audiard
07 Novembre 2010 Par marie-sophie mozziconacci

http://www.mediapart.fr/club/blog/marie ... es-audiard

Bonnet ôté, sourire partagé, souvenirs présentés, Jacques Audiard captive une assemblée d’apprentis cinéastes.
Février 2010. Au commencement était son verbe : « ça sent la couille ».

De l’instinct de domination d’un microcosme composé uniquement d’hommes, à la paupérisation du métier de scénariste, Jacques Audiard inscrit sa singularité dans la nécessaire redéfinition du cinéaste.

La création cinématographique n’est-elle pas la quintessence de la création aboutie, c’est-à-dire, apte, non plus seulement, à réfléchir des valeurs sociales, mais à les remettre en cause et à en créer de nouvelles ? ...

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Guido
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Messagepar Guido » 24 Nov 2010 17:37

Le financement des films ne cesse de se compliquer
Par Paule Gonzales

http://www.lefigaro.fr/medias/2010/11/0 ... liquer.php

...Ce constat a, d'ailleurs, poussé l'Europe à réagir. La Commission européenne vient de créer un fonds de garantie de 4 millions d'euros qui permettra à l'Ifcic d'intervenir à hauteur de 80 millions d'euros de crédits sur trois ans. De quoi financer entre vingt et trente films durant cette période. Malgré cela, la contraction du financement des films impliquera un certain nombre d'ajustements, tant en termes de films produits que de coûts de production - ces derniers ont explosé ces dernières années, prévient Laurent Vallet.

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Guido
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Messagepar Guido » 30 Jan 2011 09:46

L'arrivée du numérique a ouvert une nouvelle ère pour le court-métrage
Le Monde.fr | 28.01.11 | Macha Séry

http://www.lemonde.fr/cinema/article/20 ... _3476.html

Pour cet anniversaire, Clermont organise une rétrospective d'une quarantaine de films tandis que Canal+ propose, lundi 7 février, à 23 heures "Mensomadaire : l'internationale numérique", florilège de dix films marquants, assortis du portrait de leurs auteurs. "La création a muté sous l'effet de la démocratisation des caméras numériques et des logiciels de montage, c'est là où les choses se passent", estime Pascale Faure, de Canal+.


A lire aussi...
La télévision, soutien capital aux courts-métrages
http://www.lemonde.fr/cinema/article/20 ... _3476.html

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Thorn
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Messagepar Thorn » 08 Mar 2011 19:44

Le cinéma français peine à lever des fonds

Par Olivia Derreumaux - 26/02/2011

Le cinéma français est à la fête ce week-end, avec la 36e cérémonie des Césars. Mais, malgré une année 2010 record en termes de fréquentation, les plus petits producteurs souffrent à cause de la crise.

C'est presque devenu une habitude : tous les ans depuis 2008, la fréquentation des salles de cinéma françaises bat des records : 189 millions d'entrée en 2008, 200 millions en 2009, 206,5 millions en 2010… L'année qui vient de s'écouler affiche ainsi, un nombre total d'entrées sans équivalent depuis 1967, selon le Centre National du Cinéma et de l'image animée (CNC). En pourcentage de la population, 65,4% de français de plus de 6 ans, soit 37,6 millions d'individus, ont fréquenté au moins une fois les salles obscures en 2010. C'est donc plus que les 35,9 millions de spectateurs (63,3%) enregistrés en 2008, l'année d'un précédent record. A l'époque, rappelons que l'engouement suscité par « Bienvenue chez les Ch'tis » (20 millions de spectateurs) avait dopé la fréquentation. Ce qui rend d'autant plus remarquable le record de 2010, en l'absence d'un blockbuster venant gonfler les entrées en salles.

Le cinéma, immunisé contre la crise ?

Ces chiffres exceptionnels étonnent, car ils coïncident presque parfaitement avec le point de départ des crises financière et économique dont se remettent à peine les différentes économies mondiales. Un constat pas si paradoxal que çela. Le cinéma, aurait en effet antidépresseur, jouant à plein dans un contexte économique morose. Conjugué à son aspect relativement abordable par rapport à d'autres loisirs (vacances, sport en club…), aller « se faire une toile » reste l'un des loisirs préférés des Français. Il serait donc « un profiteur de crise ».

Les producteurs à la peine

Mais si pour les salles de cinéma, ces chiffres sont encourageants, ils ne doivent pas faire oublier que l'industrie cinématographique regroupe des dizaines d'acteurs différents. Et tous ne sont pas aussi insensibles à l'environnement économique, loin de là. Bien sûr, le CNC met en avant une amélioration de la situation en 2010, avec une hausse de 31% des investissements dans la production agréée, qui atteignent 1,439 milliard d'euros répartis sur 261 films.

Mais entre deux, la crise avait significativement touché le secteur. Ce qui explique que malgré l'embellie de 2010, les investissements ne soient pas revenus à leurs niveaux de 2008 (1,49 milliard d'euros). Comme dans de nombreuses autres industries, la crise a rendu difficile l'accès aux financements. La diversité des sources par lequel le cinéma français se finance lui permet certes de résister, mais pas de se maintenir. Ainsi, début 2010, l'Association des Producteurs de Cinéma (APC) et le Syndicat des Producteurs indépendants (SPI) avaient pointé du doigt une baisse de l'investissement global dans la production cinématographique française de près de 30% entre 2008 et 2009, ainsi qu'un recul de 400 millions d'euros des sommes dédiées à la production d'œuvres d'initiative française, qui étaient passées sous la barre du milliard d'euros.

« L'impact le plus direct de la crise se fait sentir à l'international, détaille Juliette Prissard, déléguée générale du SPI. Car les principaux pays clients des œuvres françaises que sont par exemple le Japon, l'Allemagne, l'Angleterre ou le Benelux sont eux aussi touchés par la crise. Ils achètent moins de films, et à des prix de plus en plus bas ».

Des effets structurels

Au-delà de ces effets conjoncturels, le secteur souffre de problèmes structurels qui l'amènent petit à petit à évoluer. En premier lieu duquel, le piratage de films sur Internet. Par ailleurs, le cofinancement assuré par les chaînes de télévision dans le cadre de leurs obligations d'investissement dans le cinéma, est en pleine évolution. « Canal + joue bien son rôle de financeur du cinéma, insiste Juliette Prissard, avec 203 millions d'euros investis en 2009 dans des films français et européens. Mais la baisse des recettes publicitaires sur les chaînes hertziennes conduit à une concentration des investissements sur des films à gros budgets, dans une logique de forte audience, notamment pour les chaînes privées. Par effet domino, les chaînes publiques (France 2 et 3) investissent de plus en plus sur des productions plus importantes ». Enfin, le calcul des obligations d'investissement se faisant sur le montant des recettes publicitaires des chaînes (3,2% de leurs recettes annuelles), le montant en absolu des sommes versées tend à diminuer, notamment avec la suppression partielle de la publicité sur les chaînes du service public.

Les Sofica donnent un peu d'air aux petits acteurs

Conséquence, si les grosses sociétés de production comme Europacorp s'en sortent mieux grâce à leur profil diversifié (production, distribution, ventes de droits, licenes etc.) les producteurs indépendants ainsi que les films à petit et moyen budgets (moins de 10 millions d'euros) peinent de plus en plus à se financer. « Cela accroît également les inquiétudes sur la relève de nouveaux talents, conclut Juliette Prissard. Avant de faire un succès comme Des Hommes et des Dieux, il faut souvent de l'expérience, qu'un réalisateur ne peut acquérir si ses premiers films ne voient pas le jour ».

Seule note positive pour les plus petits producteurs, le succès de Sociétés pour le Financement des l'industrie Cinématographique et Audiovisuelles (Sofica). Ces produits défiscalisés d'investissement dans le cinéma apportent des fonds souvent nécessaires pour le bouclage de certains budgets, tout en offrant à l'investisseur la possibilité d'obtenir une réduction d'impôt de 40% des sommes versées, dans la limite de 8640 euros. Créés en 1985, la collecte de ces produits pour 2009/2010 à dépassé 63 millions d'euros, réparties sur 11 Sofica. Le CNC, qui copilote le dispositif avec le ministère du budget, réaffirme d'ailleurs régulièrement les principes guidant le produit : investissement dans des films à petit ou à moyen budget (moins de 8 millions d'euros), prioritairement dans les premiers et deuxièmes films de réalisateur, et accentuation du soutien à la production indépendante. En 2009, les Sofica ont participé au financement de 166 œuvres destinées au cinéma et 25 œuvres audiovisuelles.

Source :
http://www.lefigaro.fr/

Article original :
http://www.lefigaro.fr/medias/2011/02/2 ... -crise.php

Guido
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Messagepar Guido » 23 Mar 2011 11:48

La caméra dort
Mercredi 23 mars 2011
Jean-Michel Frodon

http://www.slate.fr/story/35931/cinema- ... xieme-film

Comment le financement du cinéma par la télévision enferme les films en principe conçus pour le grand écran dans une norme et formate les jeunes réalisateurs prometteurs.

Les outils de ce formatage sont systématiques, c’est la grande idée des producteurs (ou parfois des réalisateurs eux-mêmes) pour «valoriser» un talent créateur sous forme de produit finançable et consommable. La recette n’a rien de très original: vous aviez un œil, un ton, un style ? On va rentabiliser ça avec les deux piliers de la mise en circulation selon les exigences d’un système dominé par les diffuseurs télé: c’est tout bête, il faut faire un film de genre, avec une vedette.

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Azimi vs CNC : le départ de Cayla va-t-il délier les langues

Messagepar Thorn » 25 Mar 2011 10:05

Azimi vs CNC : le départ de Cayla va-t-il délier les langues... ?

11 Mars 2011 dans So_cult’ par Chloé Luisetti

Iradj Azimi et sa maison de production Inter Image avaient déposé le 19 novembre 2009 une plainte contre X pour "faux et usage de faux" relative aux irrégularités commises lors de deux comités de lecture réunis en janvier 2007. Cette plainte a eu une suite. Le 1er juin dernier, le Tribunal de Grande Instance a nommé un juge d’instruction, Gérard Cadéo. Au vu du dossier, il a lancé une commission rogatoire confiée aux enquêteurs de la police judiciaire. Convoqués en tant que témoins, les dirigeants du CNC ne semblent pas s’accorder sur la présence d’un relevé officiel des sélections de films faisant foi de la décision du comité de lecture le 18 janvier 2007.

Insondable Commission de l’avance sur recettes... Personne ne pouvait jusqu’à présent pointer l’irrégularité des décisions prises en comité de lecture (le premier tri) ou en commission plénière (le tri final). Le 15 Juin 2010, le CNC nous affirmait sans détour que l’affaire Azimi représentait à ce jour "le seul cas contentieux dans l’histoire de l’avance sur recettes, une procédure qui n’offre pas vraiment de prises, sachant qu’elle implique l’appréciation qualitative et œcuménique d’un conseil de lecture".
Producteur et réalisateur du "Radeau de la méduse" et de "Utopia", Azimi exerce son métier depuis 38 ans et connaît suffisamment les rouages de la profession pour y avoir été mêlé par le passé.
Dès le lendemain de la réunion du comité de lecture du 18 juin 2007, il a découvert que les membres étaient dépourvus de toute légitimité, leur nomination ne devant intervenir que le 1er février 2007.
Attaquer le CNC au pénal représente donc une première dans l’histoire de cette institution, qui ne s’attendait pas à ce que cette affaire "dépasse le stade administratif". Aujourd’hui, la suite de la plainte contre X pour faux et usage de faux avec constitution de partie civile déposée en février 2010 prend une tournure spectaculaire.

Prétendue absence de relevé

Sans tarder, en juin 2010, le juge d’instruction Gérard Cadéo initie une commission rogatoire qu’il confie à la police judiciaire.
"Depuis août 2007, je m’efforce de demander des traces écrites des comités de lecture de janvier 2007. Toutes m’ont été refusées.", déplorait Azimi. Pour cause, le CNC avait confirmé qu’aucun document n’était établi à la suite des comités de lecture. Une affirmation que l’institution a fait valoir deux fois, tant auprès du tribunal administratif qu’auprès de la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs).
En effet, la CADA signifie sa décision le 30 septembre 2009 auprès d’Iradj Azimi, et confirme l’absence de relevé de décision à l’issue du comité de lecture, sur la base d’une lettre adressée à la CADA par Véronique Cayla. Dès lors, il est impossible de fournir un document qui n’a jamais existé. (Document en PJ)
Pour Véronique Cayla, la présidente du CNC, Monsieur Azimi avait tout simplement été débouté en 2008 devant le Tribunal Administratif de sa requête visant à obtenir le procès verbal et le relevé des décisions.
Or, convoqués par la police judiciaire, les dirigeants du CNC offrent tour à tour des témoignages qui mettent à mal la position adoptée par la présidente du CNC lors de sa réponse à la CADA. Un rideau se lève et, avec lui, la mise à jour d’une tout autre facette de l’affaire. Le cas Azimi dépasse le stade administratif.

Révélations à double tranchant

D’après les sources judiciaires proches de l’enquête, cinq dirigeants du CNC ont été convoqués par la police judiciaire : Véronique Cayla en tant que présidente ; François Hurard, conseiller technique du cabinet de Frédéric Mitterrand et directeur du CNC ; Claude Durand, à l’époque président de la Commission de l’avance sur recettes ; Rafaëlle Garcia, responsable du service d’aides sélectives ; enfin Olivier Wotling, actuellement directeur du cinéma au CNC et adjoint de François Hurard en 2007.
L’ensemble de ces cinq auditions se révèle riche en nouvelles déclarations contradictoires laissant même apparaître de nouveaux faux.
Il s’agit ici d’un acte délibéré de nier l’existence des documents établis à l’issue des comités de lecture. Véronique Cayla avait écrit à la CADA que le relevé des décisions des comités de lecture du 18 janvier 2008 n’existait pas, ce qu’elle avait réaffirmé auprès de Véronique Truong, avocate d’Azimi en 2007, et de Gilbert Collard, son avocat en 2008, ainsi que devant le tribunal administratif. Or, si aujourd’hui la présidente du CNC a admis sous serment, lors de l’audition à la police judiciaire, l’existence d’un "mémo" en interne concernant le relevé des décisions du comité de lecture illégitime réuni le 18 Janvier 2008, Rafaëlle Garcia, quant à elle, revient carrément sur ses précédentes assertions et compromet celles de sa supérieure Véronique Cayla...

Prise de tête d’Arte

En effet, la déclaration est sans équivoque. La chef du service des aides sélectives atteste auprès de la police judiciaire qu’une note avec des "tableaux" recensant tous les projets, "ceux retenus étant grisés", a été scrupuleusement envoyée à la direction !
Ces mêmes grilles récapitulatives où sont consignées les décisions des comités de lecture (les présélections des scénarios), ne sont donc rien moins que le relevé des décisions des comités de lecture dont l’existence avait été catégoriquement niée par Véronique Cayla dans sa lettre à la CADA !
"Ces comportements sont invraisemblables. Ils sont de nature à me porter de graves préjudices. En tout état de cause, j’entends donner une suite juridique à ces déclarations", a commenté Iradj Azimi.
Ces révélations ouvrent de nouvelles perspectives judiciaires, notamment une citation directe devant le tribunal correctionnel de la patronne du CNC. "J’aime les défis et j’aime l’action, plus que les discours, confiait-elle au site des Dernières Nouvelles d’Alsace. En outre, ça m’a toujours porté bonheur de prendre des risques." Il est à parier que Véronique Cayla, nommée par Nicolas Sarkozy pour occuper officiellement le trône d’Arte le 22 mars 2011, soit quelque peu encombrée par cette affaire...


télécharger la lettre


Source :
http://www.electronlibre.info/

Article original :
http://www.electronlibre.info/Azimi-vs- ... a-va,00916

Guido
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Messagepar Guido » 21 Avr 2011 16:45

Développer la fiction française
17 avril 2011 par Pascal Rogard - audiovisuel, Weblog

http://www.rogard.blog.sacd.fr/developp ... francaise/

Le rapport de Pierre Chevalier, Sylvie Pialat et Franck Philippon sur l’écriture et le développement de la fiction française veut remettre le scénariste au coeur de son processus de création.

Après avoir pointé quelques maladies bien françaises comme le sous financement du développement, l’ interventionnisme excessif des diffuseurs, la sous évaluation du rôle des scénaristes les rapporteurs proposent des solutions qui ont le mérite pour la plupart d’entre elles de reposer sur une meilleure coopération des différents partenaires.

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Messagepar Guido » 28 Avr 2011 15:58


Table ronde sur l'avenir de la production audiovisuelle

Durée : 149 minutes
SEANCE LE 27/04/2011 À 10H30

http://www.publicsenat.fr/emissions/sea ... aza,/68926
http://videos.publicsenat.fr/vodiFrame.php?idE=68926

Les sénateurs de la commission de la culture du Sénat organisent une table ronde sur l'avenir de la production audiovisuelle. Sont réunis les principaux acteurs du secteur : grandes chaînes de télévision, syndicats des productions audiovisuelles etc. Les questions du financement de la production audiovisuelle et de la diversité culturelle sont au coeur du débat. L'avenir du secteur est menacé par un possible démantèlement du programme européen MEDIA, qui représente une importante subvention...
Avec :
Karine BLOUET, secrétaire générale du groupe M6
Thomas VALENTIN, directeur des antennes et des contenus du groupe M6
Takis CANDILIS, président de Lagardère Entertainment
Jérôme CAZA, président Télévision du syndicat des producteurs indépendants (SPI)
Jean-Michel COUNILLON, secrétaire général de TF1
Laurent STORCH, Directeur des programmes de TF1
Vincent GISBERT, délégué général du syndicat de producteurs et créateurs d'émissions de télévisio
Rolland HUSSON, sous-directeur de la communication audiovisuelle à la Direction générale des méd
Stéphane LE BARS, Délégué général de l'USPA
Yann LE PRADO, directeur général adjoint et responsable des acquisitions de DIRECT STAR / DIREC
Francine MARIANI-DUCRAY, présidente du groupe de travail sur la production audiovisuelle au Conseil supér
Marc DU PONTAVICE, Président du SPFA
Pascal ROGARD, Directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD)
Yves ROLLAND, secrétaire général de France Télévisions
Christian VION, directeur général adjoint en charge de la production et des moyens des antennes
Hervé RONY, directeur général de la société civile des auteurs multimédia (SCAM)
Frank SOLOVEICIK, président du syndicat des entreprises de distribution de programmes audiovisuels
Gérald-Brice VIRET, directeur délégué au Pôle Télévision du Groupe NRJ

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Thorn
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Messagepar Thorn » 10 Oct 2011 14:26

Le cinéma français compte ses boutons

Le Point.fr - 28/09/2011

Image
Alain Chabat dans la version de la "Guerre des boutons" version Yann Samuell © UGC Distribution

Deux "Guerre des boutons" se disputent les entrées en salle. La version avec Chabat prend les devants.

Le cinéma français subit une drôle de poussée d'urticaire avec cette épidémie de Guerre des boutons qui envahit les salles obscures. Deux films à partir d'une même histoire avec deux gros castings (Alain Chabat versus Kad Merad pour faire simple) qui sortent à une semaine d'intervalle, c'était du jamais-vu. De quoi y perdre son latin ? Les spectateurs savent-ils quel bouton dégrafer ? Le bilan comparé après cinq jours d'exploitation place la version "Chabat", produite par Marc du Pontavice, en meilleure position avec 570 969 entrées contre 441 388 entrées pour la version "Kad Merad", intitulée "La nouvelle guerre des boutons" produite par Thomas Langmann.

La course de vitesse pour sortir le premier a été décisive. Elle opposait deux distributeurs. UGC roule pour La guerre des boutons de Du Pontavice (avec Chabat), tandis que Mars Distribution soutient La nouvelle guerre des boutons, produite par Langmann (avec Merad). UGC a envahi 596 écrans dès le 14 septembre. Si bien qu'après deux semaines La guerre des Boutons (Chabat) cumule déjà 875 607 entrées. Le pari de Marc du Pontavice est déjà remporté. Reste maintenant à voir si La nouvelle guerre des boutons de Langmann peut tenir la distance. Le marché des "boutons" est-il déjà saturé ?


TF1 passe son fil entre les deux boutons

Le combat entre les deux productions avait commencé dès le stade du préfinancement. Marc du Pontavice avait été le premier à frapper à la porte de TF1 Films Production. Le producteur Thomas Langman n'a pas tardé à suivre. TF1 a placé ses oeufs dans les deux paniers. "Cela nous pose moins de problèmes, car, lorsque ces deux films viendront sur notre antenne, notre fenêtre de diffusion est suffisamment large pour nous permettre d'espacer leur programmation. Un à l'automne, l'autre au printemps, par exemple", explique-t-on au sein de la chaîne. Les deux producteurs se sont livrés ensuite à une guerre impitoyable pour obtenir le financement de Canal+, très souvent décisif. Là, le projet de Langmann supplante celui de Du Pontavice qui se trouve, de facto, en mal de financement.

Pour Canal+, l'embouteillage des deux Guerre des boutons posait un vrai problème d'antenne : un an après leur sortie simultanée en salle, Canal+ ne se voyait pas programmer les deux films en même temps. La chaîne cryptée propose donc un arrangement : il suffirait que Marc du Pontavice cède la priorité à Langmann et décale le tournage de son film d'une saison. Dans ces conditions, Canal+ s'engagerait à le préacheter. Marc du Pontavice refuse. Il était le premier et tient à le rester.

Pour combler la défection de Canal+, TF1 s'est donc substituée à la chaîne cryptée et a remis au pot à travers sa filiale TF1 Droits Audiovisuels. Au total, TF1 a déboursé plus de 10 millions sur les deux films, mais a davantage intérêt à voir la réussite de la version Chabat pour amortir les avances concédées au titre des ventes à l'étranger (3,5 millions d'euros) et de la vidéo (3,5 millions d'euros). Canal+, de son côté, a rattrapé le coup en achetant 300 000 euros la deuxième fenêtre de diffusion de la version Chabat, de façon à pouvoir offrir le film à ses abonnés un an plus tard, comme elle l'avait proposé. Les spectateurs sont peut-être perdus, les télévisions, elles, s'y retrouvent.

Par Emmanuel Berretta


Source :
http://www.lepoint.fr/

Article original :
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-p ... 083_52.php

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Re: Réflexions sur le cinéma français....

Messagepar Thorn » 10 Nov 2011 11:48

La vérité sur le pactole du Centre national du cinéma

challenges.fr - 22.10.11

Les recettes du Centre national du cinéma explosent. Sans pour autant faire progresser la qualité de la production audiovisuelle.

Quand il s'agit de financer la culture, le pouvoir politique sait faire preuve de créativité. Sa dernière lubie: l'ouverture d'un Centre national de la musique, copie conforme du Centre national du cinéma (CNC), établissement public aussi admiré que jalousé par ses amis de la chanson. Missionné par le gouvernement pour plancher sur le sujet, le député Franck Riester a ainsi proposé de ponctionner le budget du CNC de 95 millions d'euros pour financer la musique. Comme d'autres parlementaires, il n'est pas loin de penser que l'établissement, qui soutient le cinéma et la production audiovisuelle, a trop d'argent. Et pour cause: ses recettes fiscales ont progressé de 41% en trois ans pour atteindre 754 millions en 2010, générant de confortables excédents. Du coup, l'inspection des Finances et la Cour des comptes ont aussi décidé de se pencher sur la comptabilité tarabiscotée du CNC. L'occasion de passer au crible le financement de la sacro-sainte exception culturelle française et son efficacité.


Contribution d'Internet

La flambée des recettes du CNC est liée au développement des offres de télévision sur Internet, qui sont taxées depuis 2007 et rapportent désormais 180 millions d'euros, intégralement payés par les fournisseurs d'accès à Internet (FAI). Le CNC est l'un des seuls opérateurs de l'Etat à prélever ses propres taxes: sur les tickets de cinéma, le chiffre d'affaires des chaînes de télévision, et maintenant celui des FAI. Cette manne alimente un fonds de soutien qui reverse l'argent aux filières sous forme d'aides automatiques, basées sur les recettes en salles ou les diffusions télé, et d'aides sélectives accordées par des jurys de professionnels. Si le CNC s'apparente à une direction ministérielle, censée rester neutre, il est en fait proche des lobbys de la création, dont il se fait parfois le porte-voix. "Son président est un vice-ministre de la Culture, s'amuse un professionnel. Avec le ministre, c'est à qui mettra le plus d'argent."

La pilule passe mal du côté des FAI. En échange de leur soutien à la création, ils bénéficiaient jusqu'à présent, comme Canal+, d'une TVA réduite à 5,5%. Mais le gouvernement a remonté le taux à 19,6% en 2011. "Cela a été répercuté sur les prix, peste Edouard Barreiro, de l'UFCQue choisir. En fait, c'est le consommateur qui finance le CNC sans amélioration des offres." Mal conçue, la taxe a été en plus contournée par Free, qui a sorti l'option télévision de ses forfaits pour la facturer à un prix dérisoire et réduire ses versements au CNC. Aujourd'hui, les FAI réclament que le produit de la taxe soit plafonné ; si rien n'est fait, celui-ci grimperait, selon Bercy, à 295 millions d'euros en 2015! "Le CNC n'est plus un fonds de soutien, c'est un collecteur d'impôts!" fulmine l'un d'eux.


Transfert de dépenses

En revanche, la hausse soudaine des ressources du CNC arrange le ministère de la Culture, qui ne cesse de lui transférer des dépenses. Le financement de la Femis (l'école des cinéastes), de la Cinémathèque française, des festivals de région... Une charge totale de 50 millions. "Rien ne sert de geler les dépenses de l'Etat si ce dernier les externalise vers des opérateurs moins impécunieux que lui", fulmine Philippe Marini. Le président UMP de la commission des Finances du Sénat a le CNC dans le collimateur. Il pointe sa trésorerie abondante: 200 millions ont déjà été mis de côté pour la numérisation des salles de cinéma et des films en plus des 100 millions apportés par le grand emprunt. Insuffisant aux yeux du CNC, qui réclame encore 175 millions. Trop pour Marini, qui a réussi à lui prendre 20 millions en juin dernier pour renflouer les caisses de l'Etat, et compte revenir à la charge lors de l'examen du budget en novembre. Pour l'instant, les recettes du CNC sont prévues à 700 millions en 2012. Mais le barème de la taxe sur les FAI va être revu. Bercy compte aussi plafonner les ressources du centre et en prélever une parie pour réduire le déficit public.

"Nos recettes ne sont que le reflet de la vitalité du secteur, se défend Eric Garandeau, le patron du CNC. C'est la preuve du succès du modèle français. Cette industrie a un taux d'échec élevé et il faut beaucoup de films pour maintenir notre part du marché national à un niveau inégalé en Europe." Aidé par les contributions obligatoires des chaînes de télévision aux films français, le CNC a soutenu 261 productions en 2010. Un record. Pourtant, malgré ce niveau, la part de marché des films français est en baisse, à 35,7% en 2010. Surtout, selon la société CBO, la moitié des 203 films "majoritairement français" n'a pas dépassé les 40.000 entrées. "Le CNC soutient de nombreux premiers films très inégaux, pointe l'économiste Françoise Benhamou. Beaucoup sortent en salles uniquement pour toucher les aides et cela provoque un embouteillage."


Déconnexion de l'audience

A l'inverse, la fiction télévisuelle souffre de sous-production. Depuis plusieurs années, les séries américaines écrasent le marché français, alors que les Allemands ou les Italiens continuent à faire la loi chez eux. "Les aides automatiques aux producteurs sont déconnectées de l'audience et du public, déplore Philippe Bailly, patron de NPA Conseil et auteur de Pour en finir avec l'exception culturelle. Cela entretient une sorte de droit à tourner qui ne favorise pas le renouvellement des talents." Un rapport commandé par le ministère de la Culture déplorait aussi le manque de soutien au développement.

Autre dérive préoccupante: la multiplication des aides sélectives au gré des évolutions de marché et de la hausse des recettes. "Le CNC se réforme en permanence, ce qui montre la force de son modèle, souligne l'économiste Joëlle Farchy. Mais, sous le poids des lobbys, il crée un guichet dès qu'un problème se pose sans jamais en supprimer. Aucun audit global n'a été mené pour confronter les résultats des aides aux objectifs affichés."

Le cinéma dispose d'une bonne trentaine de dispositifs, d'où la lourdeur du système: les commissions réunissent 700 professionnels -modestement rémunérés 1 million par an au total- et le CNC dispose, pour les accueillir, de quatre bâtiments situés près du Trocadéro! Leur fonctionnement peut aussi manquer de transparence. Ainsi, la prestigieuse "avance sur recettes" (29 millions d'euros), destinée à soutenir le cinéma d'auteur, a été épinglée l'an passé par Le Parisien: trois producteurs se sont partagé le tiers des aides en dix ans !

Par David Bensoussan


Source :
http://www.challenges.fr/

Article original :
http://www.challenges.fr/media/20111020 ... inema.html

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Re: Réflexions sur le cinéma français....

Messagepar Thorn » 01 Déc 2011 23:03

Cinéma, le massacre des sorties en salle

Le Point.fr - 22/11/2011

Les distributeurs sortent trop de longs-métrages en fin d'année. Trop de films tue les films. Chronique d'un carnage annoncé.

Image
En 2010, 145 films ont réalisé moins de 100 000 entrées, parmi lesquels 51 films français. © Maxime Jegat / Maxppp

Parce que l'automne est propice aux sorties en famille, les distributeurs n'ont pas résisté à la tentation d'inonder les salles obscures. Un bouchon monstrueux qui ne laissera aucune chance à plus de 90 % des films. Les chiffres donnent le tournis. Mercredi, 18 films se disputeront les faveurs des spectateurs. Le 30 novembre, ils seront 17 sur la ligne de départ. Le 7 décembre, ils seront encore 14 à tenter leur chance. Le 14 décembre, 15 autres se lanceront dans la bataille. Le 21 décembre, à trois jours du réveillon, 12 films sortiront nationalement.

Combien réellement, parmi ces 76 longs-métrages, trouveront leur public ? À ce jeu de massacre, les Américains partent avec une force de frappe écrasante. Mercredi, les 600 copies de Arthur's Christmas (en VF : Les aventures de la famille Noël), distribuées par Sony, vont tout écraser sur leur passage. En face, seule la Fox avec 350 copies se risquera à déployer Time Out, avec Justin Timberlake. En dépit d'un casting solide (François Cluzet, Julie Depardieu), le film français d'Emmanuel Mouret, L'art d'aimer, distribué par Pyramide à 200 copies, pourra-t-il se frayer un chemin ? Des dizaines d'autres seront rapidement chassés des écrans.


Une réforme souhaitable

Le problème de l'engorgement des sorties d'automne revient chaque année et aucune décision des pouvoirs publics n'a encore permis de réguler cette profession qui déserte les écrans l'été. La sous-exposition en salle des "petits films" justifie une réforme de la chronologie des médias. Il serait en effet souhaitable que ces films, souvent dépourvus du préachat d'une chaîne, puissent être disponibles rapidement sur les services de VOD par abonnement. Le délai actuel est de 36 mois après la sortie en salle...

En 2010, 145 films ont réalisé moins de 100 000 entrées, parmi lesquels 51 films français. Qui dit embouteillage à la sortie dit aussi niveau de production record. Le CNC (Centre national de la cinématographie) recense ainsi 203 films d'initiative française produits en 2011 contre 163 en 2002. Il faut remonter à 1981 pour trouver une année à 208 films produits.

Par Emmanuel Berretta

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Re: Réflexions sur le cinéma français....

Messagepar Thorn » 11 Fév 2012 10:29

Cinéma français : Mathieu Kassovitz dénonce une "partouze artistico-commerciale"[/b

ozap.com - 10/02/12

Mathieu Kassovitz n'y est pas allé par quatre chemins il y a quinze jours quand il a voulu exprimer sa frustration face à la liste des nominations pour les prochains César. Nommé une seule fois pour son film "L'ordre et la morale", qui figure sur notre liste des 20 flops ciné de l'année 2011, le film historique n'est présent que dans la catégorie meilleur scénario adapté.

"Une seule nomination aux césars. J encule le cinéma français. Allez vous faire baiser avec vos films de merde" a ainsi tweeté le réalisateur du film, à qui l'on doit aussi notamment "La Haine" et "Les Rivières Pourpres". Devant la vague de réponses des membres du réseau social, Mathieu Kassovitz a enfoncé le clou : "Je m en fout des césars. Je n'y ai jamais mis les pieds. Je suis juste choqué par le manque d intérêt".


[b]"Que le public n'y aille pas, je n'ai aucun problème avec ça"


Cette semaine, l'acteur et réalisateur français a enfin eu l'occasion de s'expliquer sur ce dérapage. Invité de "La Quotidienne du cinéma" sur TPS Star, Mathieu Kassovitz est d'abord revenu sur sa réaction après l'annonce des nominations. "Ce n'était pas douloureux, pas du tout. Sérieusement. Je trouve que c'est un film assez fort, (long et compliqué) à faire et qui est un film très français. Que le public n'y aille pas, pour différentes raisons, je n'ai aucun problème (avec ça). Je comprends que les gens n'aient pas envie de voir ça et qu'ils aient envie de choses beaucoup plus simples. Mais que l'industrie ne comprenne pas que ce genre de films doit faire partie du panel du cinéma français, je trouve ça un petit peu difficile", a-t-il expliqué.

C'est ensuite au cinéma français en lui-même que Mathieu Kassovitz s'en est pris, reprochant son manque d'ambition. "Ca n'a rien à voir avec la qualité des films, mais je trouve que dans l'ensemble du cinéma français, on manque d'une ambition très simple qui est celle du cinéma. On fait des films, on oublie un petit peu le côté cinéma", a-t-il lancé. "On est soit sur des imitations de films américains sur lesquels on n'est pas assez (bon) soit dans des films qui (sont trop bons pour la télé mais pas assez pour le cinéma)".

"Cette partouze artistico-commerciale n'est pas excitante"

Accompagné de Sylvie Testud, réalisatrice et scénariste du film "La Vie d'une autre" dont l'acteur tient le premier rôle aux côtés de Juliette Binoche, Mathieu Kassovitz a ensuite évoqué le côté trop corporatiste du cinéma français, qui empêche les jeunes talents de se faire entendre puisqu'ils n'ont pas les relations nécessaires pour percer. "On travaille dans des tout petits groupes, on retrouve les mêmes acteurs dans les mêmes films faits par des copains... Je trouve que cette partouze artistico-commerciale n'est pas excitante. Et j'en suis extrêmement malheureux", a expliqué l'acteur.

Selon lui, le milieu du cinéma français a beaucoup changé ces dernières années et personne ne pourrait aujourd'hui mettre sur pied un film comme "La Haine", que Mathieu Kassovitz a réalisé en 1995. "(Même moi), si je voulais faire "La Haine 2", je ne pourrais pas. Impossible. Personne ne voudrait mettre le doigt dedans ! Et si on allait jusqu'au bout, je ne suis même pas sûr que le film sortirait parce que les distributeurs diraient "Je ne veux pas de ce public dans nos salles", a-t-il regretté.

La vidéo :
Interview : Mathieu Kassovitz - La quotidienne du cinéma
http://www.youtube.com/watch?feature=pl ... vYdfi_5Ddo

Source :
http://www.ozap.com/

Article original :
http://www.ozap.com/actu/cinema-francai ... ale/439297

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Re: Réflexions sur le cinéma français....

Messagepar Thorn » 25 Avr 2012 20:11

Le triomphe du cinéma français n'en est pas un

slate.fr - 25/04/12

Le CNC se glorifie des succès de Intouchables et de The Artist et d'une production abondante de films en France. Et la qualité?

Le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) vient de publier le bilan de la production de films en France en 2011. Cette publication, qui a lieu chaque année, sonne cette fois comme un communiqué de victoire, sinon de triomphe. Les chiffres sont «historiques», ils traduisent une vitalité exceptionnelle en des termes statistiques qui viennent confirmer et soutenir le sentiment d’euphorie qui a accompagné au début de l’année le succès en salles d’Intouchables et l’impressionnante moisson de récompenses de The Artist.

Il est bien normal que l’organisme public chargé du cinéma glorifie ces résultats, d’autant que ses actions y sont pour beaucoup, notamment les dispositifs réglementaires constamment ajustés et renégociés, tandis que —il faut le rappeler sans cesse— ce n’est pas l’argent de la collectivité nationale qui est utilisé pour soutenir le cinéma, mais des sommes prélevées à l’intérieur du «secteur» (salles, chaînes de télévision, éditeurs vidéo, fournisseurs d’accès à Internet) qui sont réaffectées.

En outre, ces résultats élevés résonnent comme une revanche sur l’époque pas si lointaine où on prédisait l’effondrement de la fréquentation, et rien moins que la mort du cinéma.


Bilan triomphal

Le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) vient de publier le bilan de la production de films en France en 2011. Cette publication, qui a lieu chaque année, sonne cette fois comme un communiqué de victoire, sinon de triomphe. Les chiffres sont «historiques», ils traduisent une vitalité exceptionnelle en des termes statistiques qui viennent confirmer et soutenir le sentiment d’euphorie qui a accompagné au début de l’année le succès en salles d’Intouchables et l’impressionnante moisson de récompenses de The Artist.

Il est bien normal que l’organisme public chargé du cinéma glorifie ces résultats, d’autant que ses actions y sont pour beaucoup, notamment les dispositifs réglementaires constamment ajustés et renégociés, tandis que —il faut le rappeler sans cesse— ce n’est pas l’argent de la collectivité nationale qui est utilisé pour soutenir le cinéma, mais des sommes prélevées à l’intérieur du «secteur» (salles, chaînes de télévision, éditeurs vidéo, fournisseurs d’accès à Internet) qui sont réaffectées.

En outre, ces résultats élevés résonnent comme une revanche sur l’époque pas si lointaine où on prédisait l’effondrement de la fréquentation, et rien moins que la mort du cinéma.
Bilan triomphal

Donc, le CNC est dans son rôle. Est-ce à dire pour autant que tout est idyllique au pays du cinéma? Et ne faut-il pas s’étonner en revanche que les commentateurs n’aient fait que recopier ce dont se réjouissent l’administration et ceux parmi les professionnels qui, étant les bénéficiaires les plus directs de la situation, ne lui trouvent en effet que des vertus?

A ce bilan triomphal, on se propose d’opposer ici des inquiétudes et des réserves qui ne devraient en aucun cas être balayées sous le tapis de louanges ni noyées dans le champagne des célébrations. Bien des points noirs subsistent, ou le plus souvent surgissent, effets pervers ou hors champ dangereux de ce qui est mis en lumière.

Le premier point porte sur le volume de la production. Il faut d’abord rappeler qu’il n’y a pas, contrairement à ce qu’on lit ici ou là, 272 films français, chiffre vertigineux à l’échelle des capacités de production mais qui ne désigne en fait qu’une procédure administrative, celle qui oblige (presque) tout investissement dans un film par une société de production française à se déclarer au CNC, le film fut-il par ailleurs parfaitement américain ou moldo-valaque.

Le chiffre significatif est celui des films dits d’«initiative française», même si là aussi le caractère «français» du projet peut laisser dubitatif: du point de vue d’un spectateur, qu’y a-t-il de français dans Or noir et Taken 2, deuxième et troisième plus grosses productions de l’année (38 et 37 millions d’euros), à part le nom de leur réalisateur, respectivement Jean-Jacques Annaud et Olivier Mégaton [1]? Toujours est-il qu’il y a eu 207 films d’initiative française en 2011, ce qui est déjà un chiffre énorme –et en hausse de 4 unités par rapport à l’année précédente.


Le mirage des chiffres

Mais c’est là qu’il convient de se poser la question centrale: une augmentation continue de la production est-elle nécessairement une bonne nouvelle? Pour les «professionnels», au sens d’un groupe de gens défendant d’abord leurs intérêts matériels, comme n’importe quelle autre corporation, la réponse est évidemment oui.

Plus de travail, plus de revenus, même si (comme n’importe quelle autre corporation) cela ne préjuge pas de l’équité de la répartition de ces avantages au sein de cette collectivité professionnelle. Le souci est que le cinéma n’est pas n’importe quelle corporation.

C’est même au nom de cette idée qu’existe le CNC, et des Himalaya de règlements administratifs patiemment édifiés depuis 63 ans. Que s’est-il passé il y a 63 ans? André Malraux soustrayait cet organisme à la tutelle du ministère de l’Industrie pour en faire le très singulier équivalent d’une «direction» de son tout nouveau ministère des Affaires culturelles, comme il y a une direction du théâtre, de la musique ou des arts plastiques.

Le CNC était, et reste, un organe singulier, parce que d’emblée cogéré avec les membres de la profession –une exception dans l’ensemble de l’appareil d’Etat.

Il n’est donc pas possible de dresser des bilans comptables dans les mêmes termes que pour les autres secteurs économiques. Le bilan doit être culturel autant qu’économique, et dans sa dimension culturelle, absolument rien n’assure que le «plus» ne soit pas l’ennemi du bien.

C’est vrai du nombre de films, et c’est vrai aussi du volume financier investi. Celui-ci atteint également des records en 2011, à 1,13 milliard d’euros (+1,4%). Cette hausse résulte de l’efficacité du lobbying des professionnels, mais aussi souvent de la «facilité» (politique et intellectuelle) pour l’administration qui consiste à répondre à tout nouveau problème en fabriquant une source de revenus supplémentaire. Plus de films produits avec plus d’argent, cela fait-il un cinéma plus vivant? Industriellement, oui. Culturellement? A voir.


Un cinéma à deux vitesses

A voir notamment au regard de l’aggravation de la coupure entre les plus gros films et les moins bien dotés financièrement. Après le coup de gueule de Pascale Ferran aux César 2007 sur ce sujet, de multiples commissions se sont réunies, quelques mesures sectorielles ont été prises (en faveur des scénaristes et des producteurs), et un certain tassement de ces écarts s’était dessiné.

Mais voilà que la situation paraît à nouveau s’aggraver: «En 2011, la production d’initiative française est marquée par le recul du nombre de films dont le devis est compris entre 2 M€ et 7 M€ (-14 films) et par l’augmentation du nombre de films présentant un devis inférieur à 2 M€ (+18 films)», selon les termes mêmes du CNC.

De leur côté, les films les plus chers, au-dessus des 7M€, absorbent une part de plus en plus élevée de l’ensemble du financement, atteignant 63% de l’ensemble des investissements.

A voir, aussi, au regard des obligations de financement du cinéma par les télévisions. Ces obligations étaient conçues pour que ces financements se répartissent globalement sur l’ensemble des types de projets, quand l’ensemble de la production oscillait entre 110 et 130 titres.

A plus de 200, les chaînes peuvent très bien souscrire à ces mêmes obligations en se concentrant sur des produits qu’elles considèrent comme sans risque, c’est-à-dire qui ressemblent le plus à ce qu’elles produisent elles-mêmes comme téléfilms.

Ce phénomène se traduit par une hausse considérable du nombre de films produits sans contribution des chaînes: dans la quasi-totalité des cas, c’est une situation subie, et non pas voulue, et qui ne frappe que des films fragiles.

Or, tandis que les soutiens traditionnels tendent à contourner l’esprit de la loi en concentrant leurs aides sur des produits formatés, les nouveaux entrants que sont les chaînes de la TNT échappent à l’obligation de participer non pas seulement au financement en tant que tel, mais à la diversité de la production:

«Alors que ces chaînes représentaient en décembre 2011 plus de 23% de l’audience de la télévision, et que le cinéma contribue à leurs meilleures audiences annuelles, les nouvelles chaînes de la TNT gratuite n’apportent que 1,71 M€ en préfinancement, soit 0,4% de l’ensemble des investissements des chaînes de télévision.»


Les films fragiles disparaissent

Par ailleurs, la hausse ininterrompue du nombre de titres a pour corollaire la difficulté toujours aggravée de sortir les films les plus fragiles dans des conditions décentes, et surtout de pouvoir leur assurer une certaine longévité sur les écrans.

Et ce d’autant plus que de nombreux produits de routine trouvent, parce qu’ils font partie du système industriel, des possibilités de financement et de distribution, engorgeant le système, et marginalisant encore plus les œuvres les plus singulières. Pour ne prendre que deux exemples récents, et criants, le sort désolant de Hors Satan de Bruno Dumont ou des Chants de Mandrin de Rabah Ameur-Zaïmèche témoignent spectaculairement de ce qui frappe des réalisations dignes du plus haut intérêt.

Cette illusion de la quantité comme valeur suprême trouve deux illustrations dans deux domaines particuliers. Le premier est celui de premiers films: 73 titres, un chiffre absurde… et exemplaire d’un mode de raisonnement qui, partant de l’idée juste qu’il convient d’aider les premiers films, s’est transformé en moulinette folle.

Celle-ci profite notamment aux insiders qui s’offrent une casquette de réalisateur sans être toujours, c’est le moins qu’on puisse dire en regardant le tout-venant de la production, habité d’une œuvre en devenir: plus de 70% des nouveaux réalisateurs avaient déjà travaillé sur un long métrage, dont la moitié comme technicien ou comme acteur. Prime dangereuse à l’endogamie.

De même, il devrait être réjouissant de constater la hausse du nombre de documentaires, avec 29 longs métrages produits cette année, un niveau record là aussi. Ce constat mérite toutefois d’être tempéré… en regardant les films en question.

Il existe une remarquable école documentaire dans ce pays, il existe aussi un dévoiement du label «cinéma» par des productions qui, pour de multiples raisons dont la première est de ne pas trouver à la télévision la place qui aurait dû être la leur, augmentent l’effet de confusion à l’heure de sortir en salles, nuisant aux véritables documentaires comme à l’ensemble des films.

L’argument en réponse à la remise en cause des augmentations sans fin de la production et des financements est connu, et sérieux: tout malthusianisme menacerait d’abord les plus faibles, les films les plus fragiles. Cela est vrai, tant qu’on se situe sous l’empire de la seule loi du marché.

Mais toute l’existence du CNC, toute l’existence du cinéma français depuis l’après-guerre (au moins!) repose sur la possibilité de mécanismes correctifs, de rééquilibrage au nom d’une logique culturelle qui ne s’oppose pas à l’industrie mais fait contrepoids à ses effets les plus destructeurs. Le même esprit peut présider à la mise en place de procédures capables de contenir le quantitatif, non pas aux dépens mais au profit du qualitatif. Encore faut-il en avoir la volonté.


Par Jean-Michel Frodon

[1] Pour le plus gros budget de l’année, et de loin, à 61M€, pas de problème d’identité nationale puisqu’il s’agit d’Asterix.


Source :
http://www.slate.fr/

Article original :
http://www.slate.fr/story/53661/triomph ... ist#retour

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Re: Réflexions sur le cinéma français....

Messagepar Thorn » 30 Mai 2012 16:47

Aides au cinéma : les projets de la Commission inquiètent

culture2012.org - 29/05/2012

La filière cinématographique en Europe craint une remise en cause de la territorialisation des aides au cinéma qui mettrait à mal les systèmes de soutien au secteur.

A côté des marches et du tapis rouge, le Festival de Cannes est aussi le lieu de rencontres plus arides, comme le débat organisé par l’Observatoire européen de l’audiovisuel, le 19 mai, sur les aides d’Etat au cinéma.

Le projet de révision de la Communication de la Commission européenne sur ces aides met les professionnels du cinéma à cran. La Communication actuelle de 2001, étendue et prorogée plusieurs fois, arrive à échéance fin 2012. Texte d’interprétation, une Communication n’est soumise ni au conseil des ministres européen ni au Parlement.


3 milliards d’euros d’aides par an

Il s’agit ici de redéfinir les critères de compatibilité avec les traités européens des aides d’Etat au cinéma qui se sont développés depuis 10 ans dans de nombreux pays. Le secteur cinématographique dans l’Union reçoit 3 milliards d’euros d’aides directes et indirectes par an (sous forme de subvention, prêt à taux réduit, incitation fiscale).

Le projet de la Commission en consultation jusqu’au 14 juin « a des aspects positifs comme l’extension du champ des aides », jusqu’ici limité à la seule production et qui pourrait désormais couvrir toute la chaîne, de l’écriture d’un film à sa distribution et sa promotion, reconnaît Frédéric Delcor, dirigeant du Centre du cinéma et de l’audiovisuel belge (CCA) et qui a présidé le groupe de travail de l’EFAD, la fédération des centres du cinéma équivalents de notre Centre national du cinéma (CNC), sur ce sujet. La Commission n’a pas voulu à ce stade accepter d’inclure le jeu vidéo ou la production Internet dans le champs de sa communication.


Objectifs culturels ou économiques ?

Le point qui fait le plus débat est la volonté de la Commission de s’en prendre à la « territorialisation des dépenses ». Jusqu’ici, un Etat peut exiger que 80 % du budget d’un film aidé soit dépensé sur son territoire. La Commission veut limiter cette obligation à 100 % de l’aide accordée, soit une diminution des dépenses localisées. « C’est mettre en cause l’effet démultiplicateur des aides », estime Frédéric Delcor.

En effet, si les pays sont généreux envers le cinéma, c’est parce que chaque euro d’aide engendre un montant de dépenses sur son territoire bien supérieur. Sans cet effet levier, face aux déficits publics, « les Parlements n’accepteront plus de voter ces aides » se désole Eric Garandeau, directeur du CNC.

Mais pour la Commission, l’argument est irrecevable. Elle rappelle la lettre des traités : si le cinéma déroge au droit commun en matière d’aides d’Etat, c’est uniquement au nom d’objectifs « culturels ». Même si personne n’est dupe de la motivation « économique » des Etats à soutenir le cinéma. Si le projet de la Commission n’évoluait pas, « c’est tout le code du cinéma, qui vient d’être rénové qu’il faudrait réécrire » ajoute Eric Garandeau.


© ShutterstockZaichenko_Olga

A côté des marches et du tapis rouge, le Festival de Cannes est aussi le lieu de rencontres plus arides, comme le débat organisé par l’Observatoire européen de l’audiovisuel, le 19 mai, sur les aides d’Etat au cinéma.

Le projet de révision de la Communication de la Commission européenne sur ces aides met les professionnels du cinéma à cran. La Communication actuelle de 2001, étendue et prorogée plusieurs fois, arrive à échéance fin 2012. Texte d’interprétation, une Communication n’est soumise ni au conseil des ministres européen ni au Parlement.

3 milliards d’euros d’aides par an

Il s’agit ici de redéfinir les critères de compatibilité avec les traités européens des aides d’Etat au cinéma qui se sont développés depuis 10 ans dans de nombreux pays. Le secteur cinématographique dans l’Union reçoit 3 milliards d’euros d’aides directes et indirectes par an (sous forme de subvention, prêt à taux réduit, incitation fiscale).

Le projet de la Commission en consultation jusqu’au 14 juin « a des aspects positifs comme l’extension du champ des aides », jusqu’ici limité à la seule production et qui pourrait désormais couvrir toute la chaîne, de l’écriture d’un film à sa distribution et sa promotion, reconnaît Frédéric Delcor, dirigeant du Centre du cinéma et de l’audiovisuel belge (CCA) et qui a présidé le groupe de travail de l’EFAD, la fédération des centres du cinéma équivalents de notre Centre national du cinéma (CNC), sur ce sujet. La Commission n’a pas voulu à ce stade accepter d’inclure le jeu vidéo ou la production Internet dans le champs de sa communication.

Objectifs culturels ou économiques ?

Le point qui fait le plus débat est la volonté de la Commission de s’en prendre à la « territorialisation des dépenses ». Jusqu’ici, un Etat peut exiger que 80 % du budget d’un film aidé soit dépensé sur son territoire. La Commission veut limiter cette obligation à 100 % de l’aide accordée, soit une diminution des dépenses localisées. « C’est mettre en cause l’effet démultiplicateur des aides », estime Frédéric Delcor.

En effet, si les pays sont généreux envers le cinéma, c’est parce que chaque euro d’aide engendre un montant de dépenses sur son territoire bien supérieur. Sans cet effet levier, face aux déficits publics, « les Parlements n’accepteront plus de voter ces aides » se désole Eric Garandeau, directeur du CNC.

Mais pour la Commission, l’argument est irrecevable. Elle rappelle la lettre des traités : si le cinéma déroge au droit commun en matière d’aides d’Etat, c’est uniquement au nom d’objectifs « culturels ». Même si personne n’est dupe de la motivation « économique » des Etats à soutenir le cinéma. Si le projet de la Commission n’évoluait pas, « c’est tout le code du cinéma, qui vient d’être rénové qu’il faudrait réécrire » ajoute Eric Garandeau.


Faire cesser la « surenchère à la subvention »

Autre point d’achoppement : la volonté de la Commission de faire cesser la « surenchère à la subvention » à laquelle se livrent les Etats européens, pour attirer chez eux de grosses productions internationales. Le projet admet l’intérêt de ces aides pour maintenir une activité suffisante pour le tissu industriel et les équipes, lesquels sont indispensables à l’existence de la production locale. Mais il propose de plafonner ces aides et de les rendre dégressives en fonction du budget du film, au nom de la saine concurrence sur le marché intérieur. Au risque de voir ces productions repartir vers des cieux moins avares de subventions comme la Nouvelle Zélande, le Canada, ou certains Etats américains, craignent les professionnels. Un sujet très sensible pour la Grande Bretagne notamment, qui privilégie l’accueil de productions américaines au développement de son propre cinéma.

Tous les dirigeants des centres nationaux de soutien au cinéma, dont le CNC, fédérés au sein de l’EFAD, des fédérations européennes d’auteurs, producteurs, distributeurs de film, dont l’Association de Producteurs de Cinéma (APC), l’Association Réalisateurs et Producteurs (ARP), l’ Union des Producteurs de Films (UPF) , des cinéastes ont publié à Cannes des communiqués pour demander le statu quo des règles actuelles.


Un risque juridique « sérieux » ?

Pour Antoine Colombani, porte-parole du Commissaire à la Concurrence Almunia, les professionnels négligent le risque juridique « sérieux » qu’encourt le système actuel. La Cour de justice européenne a condamné la France, qui refusait d’accorder un crédit d’impôt recherche aux laboratoires pharmaceutiques Fournier, parce qu’ils n’avaient pas effectué leurs dépenses de R&D sur son territoire. Qu’une aide au cinéma soit jugée illégale et les « Etats devront recouvrer les montants distribuées auprès de ceux qui l’ont perçue » avertit -il. Une menace pour un secteur fragile.


Appel aux politiques

© ShutterstockZaichenko_Olga

A côté des marches et du tapis rouge, le Festival de Cannes est aussi le lieu de rencontres plus arides, comme le débat organisé par l’Observatoire européen de l’audiovisuel, le 19 mai, sur les aides d’Etat au cinéma.

Le projet de révision de la Communication de la Commission européenne sur ces aides met les professionnels du cinéma à cran. La Communication actuelle de 2001, étendue et prorogée plusieurs fois, arrive à échéance fin 2012. Texte d’interprétation, une Communication n’est soumise ni au conseil des ministres européen ni au Parlement.

3 milliards d’euros d’aides par an

Il s’agit ici de redéfinir les critères de compatibilité avec les traités européens des aides d’Etat au cinéma qui se sont développés depuis 10 ans dans de nombreux pays. Le secteur cinématographique dans l’Union reçoit 3 milliards d’euros d’aides directes et indirectes par an (sous forme de subvention, prêt à taux réduit, incitation fiscale).

Le projet de la Commission en consultation jusqu’au 14 juin « a des aspects positifs comme l’extension du champ des aides », jusqu’ici limité à la seule production et qui pourrait désormais couvrir toute la chaîne, de l’écriture d’un film à sa distribution et sa promotion, reconnaît Frédéric Delcor, dirigeant du Centre du cinéma et de l’audiovisuel belge (CCA) et qui a présidé le groupe de travail de l’EFAD, la fédération des centres du cinéma équivalents de notre Centre national du cinéma (CNC), sur ce sujet. La Commission n’a pas voulu à ce stade accepter d’inclure le jeu vidéo ou la production Internet dans le champs de sa communication.

Objectifs culturels ou économiques ?

Le point qui fait le plus débat est la volonté de la Commission de s’en prendre à la « territorialisation des dépenses ». Jusqu’ici, un Etat peut exiger que 80 % du budget d’un film aidé soit dépensé sur son territoire. La Commission veut limiter cette obligation à 100 % de l’aide accordée, soit une diminution des dépenses localisées. « C’est mettre en cause l’effet démultiplicateur des aides », estime Frédéric Delcor.

En effet, si les pays sont généreux envers le cinéma, c’est parce que chaque euro d’aide engendre un montant de dépenses sur son territoire bien supérieur. Sans cet effet levier, face aux déficits publics, « les Parlements n’accepteront plus de voter ces aides » se désole Eric Garandeau, directeur du CNC.

Mais pour la Commission, l’argument est irrecevable. Elle rappelle la lettre des traités : si le cinéma déroge au droit commun en matière d’aides d’Etat, c’est uniquement au nom d’objectifs « culturels ». Même si personne n’est dupe de la motivation « économique » des Etats à soutenir le cinéma. Si le projet de la Commission n’évoluait pas, « c’est tout le code du cinéma, qui vient d’être rénové qu’il faudrait réécrire » ajoute Eric Garandeau.

Faire cesser la « surenchère à la subvention »

Autre point d’achoppement : la volonté de la Commission de faire cesser la « surenchère à la subvention » à laquelle se livrent les Etats européens, pour attirer chez eux de grosses productions internationales. Le projet admet l’intérêt de ces aides pour maintenir une activité suffisante pour le tissu industriel et les équipes, lesquels sont indispensables à l’existence de la production locale. Mais il propose de plafonner ces aides et de les rendre dégressives en fonction du budget du film, au nom de la saine concurrence sur le marché intérieur. Au risque de voir ces productions repartir vers des cieux moins avares de subventions comme la Nouvelle Zélande, le Canada, ou certains Etats américains, craignent les professionnels. Un sujet très sensible pour la Grande Bretagne notamment, qui privilégie l’accueil de productions américaines au développement de son propre cinéma.

Tous les dirigeants des centres nationaux de soutien au cinéma, dont le CNC, fédérés au sein de l’EFAD, des fédérations européennes d’auteurs, producteurs, distributeurs de film, dont l’Association de Producteurs de Cinéma (APC), l’Association Réalisateurs et Producteurs (ARP), l’ Union des Producteurs de Films (UPF) , des cinéastes ont publié à Cannes des communiqués pour demander le statu quo des règles actuelles.

Un risque juridique « sérieux » ?

Pour Antoine Colombani, porte-parole du Commissaire à la Concurrence Almunia, les professionnels négligent le risque juridique « sérieux » qu’encourt le système actuel. La Cour de justice européenne a condamné la France, qui refusait d’accorder un crédit d’impôt recherche aux laboratoires pharmaceutiques Fournier, parce qu’ils n’avaient pas effectué leurs dépenses de R&D sur son territoire. Qu’une aide au cinéma soit jugée illégale et les « Etats devront recouvrer les montants distribuées auprès de ceux qui l’ont perçue » avertit -il. Une menace pour un secteur fragile.

Appel aux politiques

Sauf que, pour l’heure, personne ne se plaint de la situation. Une étude réalisée par la Commission en 2008 n’a pas démontré d’effets négatifs du système actuel. Ni d’effets positifs d’ailleurs. C’est pourquoi rien n’interdit de le modifier, conclut la Commission. C’est pourquoi il ne faut rien changer, rétorque la filière cinéma. La Commission ne veut pas forcément passer en force mais agite le risque juridique.

Eric Garandeau craint que la Commission, décidée à stabiliser le texte au cours de l’été, ne mette la filière devant le fait accompli. Il reconnaît, comme Frédéric Delcor, que le dialogue reste, pour le moment, ouvert avec la Commission. Au sein même de l’exécutif européen, le sujet fait débat. Mais en tirant la sonnette d’alarme à Cannes, le cinéma a voulu sensibiliser les politiques.

A Cannes, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a promis d’être « extrêmement attentive » aux sujets de politique culturelle qui se jouent à Bruxelles, dont la fiscalité et les aides d’Etat.

Par Isabelle Repiton (Clair de Lune Presse)


Source :
http://www.culture2012.org/

Article original :
http://www.culture2012.org/aides-au-cin ... inquietent

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Thorn
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Re: Réflexions sur le cinéma français....

Messagepar Thorn » 15 Sep 2012 15:47

"Intouchables" devient le film français le plus vu au monde

Le Point.fr - 09/09/2012

La comédie dépasse le record détenu depuis près de dix ans par "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain".

Intouchables vient de battre le record détenu par Amélie Poulain du film français le plus vu à l'étranger, passant le seuil des 23,1 millions d'entrées dans les salles obscures à travers le monde, selon UniFrance, organisme chargé de promouvoir l'exportation du cinéma français. La touchante comédie d'Olivier Nakache et Éric Toledano dépasse ainsi le record détenu depuis près de dix ans par Le fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, a indiqué à l'AFP Régine Hatchondo, directrice générale d'UniFrance.

Intouchables, dont la sortie est encore attendue en Angleterre, en Australie et en Nouvelle-Zélande, "file vers les 25 millions d'entrées" à l'étranger, a-t-elle prédit. Le film était sorti en France début novembre 2011.

La performance d'Intouchables à l'étranger est à comparer au total des entrées en salle pour les films français hors de l'Hexagone, estimé pour 2011 à 66 millions de spectateurs, selon UniFrance.

Vendu dans plus de 50 pays, Intouchables, l'histoire d'une amitié entre un patron devenu handicapé, joué par François Cluzet, et son aide à domicile Driss, interprété par Omar Sy, a fait des merveilles au box-office allemand (8,6 millions d'entrées), espagnol (2,48 millions), italien (2,47 millions) et sud-coréen (1,7 million), selon des chiffres d'UniFrance arrêtés début septembre.


Carton plein pour The Artist aux États-Unis

Aux États-Unis, le critère généralement retenu est souvent celui des recettes, c'est-à-dire ce que le film a rapporté en dollars. Intouchables se classe ainsi troisième film français sur le marché américain, avec 10 millions de dollars de recettes, "ce qui est exceptionnel pour une comédie", a souligné Unifrance. Le film doit d'ailleurs être adapté sur les écrans aux États-Unis. Ses droits ont été acquis par la société de production et de distribution The Weinstein Company - à qui l'on doit la campagne victorieuse de The Artist aux Oscars.

Dans le classement des films français aux États-Unis, The Artist de Michel Hazanavicius est en haut du podium avec 45 millions de dollars de recettes, suivi par Amélie Poulain (37 millions).

Au total, The Artist, qui a récolté cinq Oscars et d'innombrables récompenses, a enregistré à l'étranger 12,7 millions d'entrées (dont 5,7 millions aux États-Unis).

En France, près de 20 millions de spectateurs sont allés voir Intouchables. À ce jour, le film d'Olivier Nakache et Éric Toledano n'a pas encore dépassé Bienvenue chez les Ch'tis. Ce film de Dany Boon a été vu par 20,49 millions de spectateurs, depuis sa sortie en 2008, selon les derniers chiffres disponibles.

Après avoir été leader pendant plus de 40 ans, La grande vadrouille de Gérard Oury (1966) est désormais à la troisième place du classement français avec 17,27 millions de spectateurs.


Source :
http://www.lepoint.fr/

Article original :
http://www.lepoint.fr/culture/intouchab ... 4282_3.php


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